Charlotte Cordonnier alerte sur les AVC chez les jeunes : pourquoi les moins de 50 ans sont de plus en plus touchés

La professeure Charlotte Cordonnier, neurologue au CHU de Lille et présidente de la Société Française Neuro-Vasculaire (SFNV), alerte sur l’augmentation des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les moins de 50 ans. À l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC, le 29 octobre 2026, la spécialiste rappelle qu’un AVC peut survenir à tout âge. Hypertension, diabète, surpoids, sédentarité et facteurs environnementaux contribuent à cette évolution préoccupante. Son message est essentiel : reconnaître rapidement les symptômes peut sauver une vie et limiter les séquelles.

Une hausse inquiétante

Environ 10 % des personnes victimes d’un AVC ont moins de 45 ans, selon les chiffres relayés lors des récentes campagnes de sensibilisation.

Cette proportion rappelle que les accidents vasculaires cérébraux ne concernent pas uniquement les personnes âgées.

Les études épidémiologiques montrent également une augmentation des AVC ischémiques chez les adultes jeunes au cours des dernières décennies.

Certaines analyses font état d’un doublement du risque dans certaines populations de moins de 50 ans.

Toutefois, cette évolution varie selon les pays, les périodes étudiées et les méthodes utilisées.

Pour Charlotte Cordonnier, il est indispensable de mieux informer les jeunes adultes, qui ne se considèrent pas toujours comme exposés à cette maladie.

Qui est Charlotte Cordonnier ?

La professeure Charlotte Cordonnier dirige le service de neurologie vasculaire du CHU de Lille.

Elle est également présidente de la Société Française Neuro-Vasculaire, une organisation spécialisée dans l’amélioration de la prévention et de la prise en charge des AVC.

Ses travaux portent notamment sur les maladies cérébrovasculaires, les hémorragies cérébrales et les stratégies thérapeutiques permettant de réduire les complications neurologiques.

Elle participe régulièrement à des initiatives de sensibilisation destinées au grand public et aux professionnels de santé.

Son engagement vise particulièrement à améliorer la reconnaissance des symptômes et l’accès rapide aux traitements spécialisés.

Pourquoi les jeunes ?

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer l’augmentation des AVC chez les adultes de moins de 50 ans.

L’hypertension artérielle constitue l’un des principaux facteurs de risque modifiables.

Longtemps associée aux personnes âgées, elle touche également des adultes jeunes, parfois sans provoquer de symptômes visibles.

Le diabète, le surpoids, l’obésité et les anomalies du cholestérol peuvent aussi favoriser les atteintes des vaisseaux sanguins.

Le tabagisme et certaines maladies cardiaques augmentent également le risque.

Chez les jeunes adultes, des causes particulières, comme certaines anomalies vasculaires ou troubles de la coagulation, doivent parfois être recherchées.

Le rôle du mode de vie

Une alimentation déséquilibrée et le manque d’activité physique peuvent augmenter le risque cardiovasculaire.

La consommation régulière d’aliments très salés, riches en graisses saturées ou fortement transformés peut contribuer à l’hypertension et aux troubles métaboliques.

Une activité physique insuffisante favorise également la prise de poids et le développement de maladies chroniques.

À l’inverse, une alimentation variée, une activité régulière et l’arrêt du tabac participent à la prévention.

La consommation excessive d’alcool représente un autre facteur de risque important.

Ces habitudes ne constituent pas les seules causes d’AVC, mais elles jouent un rôle dans la santé des vaisseaux sanguins.

Un meilleur diagnostic

L’augmentation des cas identifiés s’explique aussi en partie par les progrès médicaux.

L’IRM cérébrale et les techniques modernes d’imagerie permettent aujourd’hui de détecter des AVC qui pouvaient autrefois passer inaperçus.

Certains symptômes sont discrets ou disparaissent rapidement, ce qui peut retarder leur identification.

Les médecins disposent désormais d’outils plus performants pour reconnaître les lésions cérébrales et rechercher leur origine.

Cette amélioration du diagnostic contribue à une meilleure connaissance des AVC chez les jeunes.

Elle ne suffit cependant pas à expliquer toutes les tendances observées.

Pollution et chaleur

Les facteurs environnementaux font également l’objet d’une attention croissante.

L’exposition à la pollution atmosphérique, notamment aux particules fines, est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire.

Les épisodes de chaleur intense peuvent aussi fragiliser certaines personnes, particulièrement lorsqu’ils entraînent déshydratation et stress physiologique.

Les chercheurs étudient les interactions entre pollution, changement climatique et maladies vasculaires.

Ces facteurs peuvent aggraver des risques déjà présents, sans expliquer à eux seuls chaque accident vasculaire cérébral.

Les signes d’alerte

Un AVC survient lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue ou lorsqu’un vaisseau cérébral se rompt.

Trois signes doivent immédiatement faire suspecter un AVC : un visage déformé, une faiblesse soudaine d’un bras et des difficultés à parler.

D’autres symptômes peuvent apparaître, notamment une perte brutale de vision, un trouble soudain de l’équilibre ou un mal de tête inhabituellement intense.

Même si les manifestations disparaissent après quelques minutes, une évaluation médicale urgente reste nécessaire.

Il peut s’agir d’un accident ischémique transitoire, annonciateur d’un AVC plus grave.

Chaque minute compte

En cas de suspicion d’AVC en France, il faut immédiatement appeler le 15 ou le 112.

Il ne faut pas attendre que les symptômes disparaissent ni conduire soi-même la personne à l’hôpital.

Les équipes médicales peuvent orienter rapidement le patient vers une unité neurovasculaire.

Pour certains AVC ischémiques, des traitements comme la thrombolyse ou la thrombectomie permettent de rétablir la circulation sanguine.

Leur utilisation dépend notamment du type d’AVC, du délai écoulé et des résultats de l’imagerie.

Plus la prise en charge est rapide, meilleures sont les chances de limiter les lésions cérébrales.

Comment prévenir ?

La prévention repose principalement sur le contrôle des facteurs de risque.

Surveiller sa tension artérielle, pratiquer une activité physique régulière, éviter le tabac et prendre en charge le diabète sont des mesures importantes.

Une alimentation équilibrée, un sommeil suffisant et un suivi médical adapté contribuent également à protéger la santé cardiovasculaire.

Une grande partie des AVC pourrait être évitée grâce à une meilleure prévention, même si tous les accidents ne sont pas prévisibles.

Un message essentiel

À travers ses interventions d’octobre 2026, Charlotte Cordonnier rappelle qu’être jeune ne protège pas automatiquement contre un AVC.

La progression des cas chez les moins de 50 ans souligne l’importance du dépistage, de la prévention et de l’information.

Le message de la neurologue du CHU de Lille est clair : un symptôme neurologique soudain doit toujours être pris au sérieux, quel que soit l’âge de la personne.

Reconnaître les premiers signes et contacter immédiatement les secours peut faire toute la différence entre une récupération favorable et un handicap durable.

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  • Robin

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